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Bien choisir sa voyance

Consulter trop souvent, chercher la réponse qui plaît, cacher ses appels : les signes d’une dépendance à la voyance, et comment reprendre la main.

Oui, on peut devenir dépendant de la voyance. Nous l’écrivons sur le site d’un cabinet qui vit des consultations, en sachant très bien ce que ça coûte de le dire. Le contraire serait un mensonge, et nous avons passé assez de temps au téléphone avec des gens abîmés par ce métier pour ne pas ajouter le nôtre.

Ce n’est pas une addiction au sens médical. Ce n’est classé nulle part, nous ne sommes pas médecins et nous n’allons pas jouer à l’être. Mais il existe un mécanisme, il est simple, il attrape des personnes parfaitement lucides par ailleurs, et une partie de la profession l’entretient en toute connaissance de cause. C’est de ça que nous voulons parler.

Si vous lisez ces lignes en pensant à vous, il n’y a rien d’humiliant là-dedans. Les personnes qui consultent trop ne sont ni crédules ni fragiles. Ce sont des gens qui traversent une période où l’incertitude est devenue insupportable, et qui ont trouvé quelque chose qui la fait taire vingt minutes.

Comment la boucle s’installe

Ce qui fait mal, dans une période difficile, ce n’est pas toujours la situation elle-même. C’est de ne pas savoir. Ne pas savoir s’il va revenir, si le poste va se débloquer, si ce que vous ressentez est fondé. L’incertitude occupe la tête en continu, elle réveille la nuit.

Une consultation apaise ça. Réellement. Quelqu’un met des mots sur ce qui est flou, vous êtes écoutée, la situation prend une forme, vous raccrochez plus légère. Ce soulagement n’est pas une illusion : c’est le produit normal d’un temps passé à mettre de l’ordre dans une confusion.

Le problème vient après. Dans votre vie, rien n’a bougé. Les mêmes messages non répondus, le même silence, la même attente. L’incertitude revient, parce qu’elle n’a jamais eu de raison de partir. Alors on rappelle. Et le deuxième soulagement dure un peu moins longtemps que le premier, parce qu’on connaît déjà les grandes lignes de ce qui va être dit.

Répétez ça quatre ou cinq fois et vous obtenez une boucle. Le soulagement raccourcit, l’intervalle entre deux appels raccourcit avec lui, et à un moment le motif de l’appel a changé sans que personne ne s’en aperçoive : on n’appelle plus pour comprendre quelque chose, on appelle pour retrouver l’état dans lequel la consultation nous met. Ce n’est plus de l’information qu’on cherche, c’est un calmant.

Nous le précisons, parce que c’est là qu’on se trompe le plus souvent : ce n’est pas une question de crédulité. Les personnes prises dans cette boucle sont souvent celles qui doutent le plus de la voyance. C’est justement le doute qui pousse à revérifier.

Les signaux, et ce qu’ils veulent dire

Le plus fiable de tous, celui qui devrait faire lever la tête immédiatement, c’est de consulter plusieurs praticiens différents sur la même question en peu de temps. Trois cabinets en une semaine pour savoir si la même personne va revenir, ce n’est plus une démarche, c’est une recherche de confirmation. Et elle ne se termine jamais, parce qu’on continue jusqu’à tomber sur celui qui dira ce qu’on veut entendre, puis on recommence quelques jours plus tard quand on cesse d’y croire.

Il y a le fait de différer une décision en attendant un feu vert extérieur. Vous savez déjà ce que vous voulez faire, vous ne le faites pas tant qu’une consultation ne l’aura pas validé. La voyance devient alors une façon de ne pas assumer un choix qui vous appartient, et personne, les praticiennes de ce cabinet comprises, n’a le droit de porter ça à votre place.

Il y a l’argent : dépenser au-delà de ce que vous aviez prévu, et le remarquer seulement en fin de mois. Il y a le fait de ne pas en parler autour de soi, ou d’en parler en minimisant le nombre d’appels. Ce silence-là est presque toujours le signe qu’une partie de vous a déjà compris quelque chose.

Et il y a le plus parlant : l’angoisse à l’idée de ne pas pouvoir joindre quelqu’un. Un dimanche soir, une ligne occupée, et une tension qui monte de façon disproportionnée. Ça, ce n’est plus un rapport à la voyance, c’est un rapport de besoin.

Un signal isolé ne veut pas dire grand-chose. Trois qui coexistent dessinent un motif, et le motif mérite d’être regardé en face.

Ce que le secteur fait pour entretenir ça

Nous n’allons pas faire semblant que ce soit un accident. Une partie du métier est construite pour allonger la boucle.

La facturation à la minute, d’abord. Elle transforme chaque silence en revenu et donne au praticien un intérêt direct à ce que vous parliez longtemps, puis à ce que vous rappeliez. C’est pour ça que le cabinet fonctionne avec des forfaits à durée et à prix connus d’avance, à partir de 19,50 euros : quand la durée est fixée au départ, plus personne n’a intérêt à faire traîner. Le détail de ce que coûte réellement une consultation selon le mode de facturation, nous l’avons développé dans ce que coûte vraiment une consultation de voyance.

Ensuite le rappel commercial. Le message qui arrive trois jours après : « je pensais à vous, il y a quelque chose qui bouge dans votre tirage ». Ce n’est pas de la sollicitude, c’est de la relance déguisée en intuition, et ça marche redoutablement sur quelqu’un qui attend un signe.

Il y a aussi la consultation laissée volontairement inachevée. On vous annonce qu’un point important apparaît, qu’il faudra y revenir, et le temps se termine pile à cet endroit. Cette technique et quelques autres du même genre, nous les avons listées dans les phrases qu’un voyant honnête ne vous dira jamais.

Enfin, le praticien qui fixe lui-même la prochaine échéance. « Rappelez-moi vendredi, on verra où ça en est. » Personne d’autre que vous n’a à décider du moment où vous reprendrez rendez-vous. Un praticien qui s’installe dans votre agenda a compris qu’il valait mieux vous avoir en abonné qu’en client.

Ce que nous faisons, ici, quand quelqu’un rappelle trop vite

Nous disons qu’il n’y a rien de nouveau.

C’est la phrase la plus simple du métier et à peu près la moins pratiquée. Quand une personne rappelle dix jours après pour la même situation, la praticienne voit la même chose la plupart du temps, parce que dix jours ne suffisent pas à déplacer grand-chose dans une vie. Le dire coûte une consultation. Ne pas le dire coûte la confiance de quelqu’un, et nous préférons perdre la première.

Nous refusons donc, et pas à titre exceptionnel. Angella Pascazio disait déjà à des consultants de ne pas rappeler tout de suite, d’attendre que la situation ait bougé, de revenir dans deux mois si le besoin était toujours là, bien avant que le cabinet compte douze praticiennes. C’est devenu la règle de la maison, et personne n’y déroge. Certaines personnes le prennent mal sur le coup. La plupart rappellent bien plus tard, et elles rappellent en confiance.

C’est aussi, très concrètement, une bonne décision commerciale. Un cabinet qui vide ses clients en trois mois doit en trouver de nouveaux en permanence. Un cabinet qui les garde dix ans travaille avec des gens qui reviennent aux moments qui comptent et qui en parlent autour d’eux. Les 592 avis déposés sur la fiche d’Angella Pascazio viennent de là, pas d’une politique de relance. Et aucune consultation ne se termine ici sur une prochaine date fixée par la praticienne, sans exception.

Les moments où il ne faut pas consulter du tout

Il y a des situations où la bonne réponse n’est pas une consultation, et où nous appeler serait une mauvaise idée.

Une détresse aiguë, d’abord. Quand quelqu’un ne va pas bien au point que sa sécurité est en jeu, il lui faut un professionnel de santé, un médecin traitant, un service d’urgence, quelqu’un dont c’est le travail et la compétence. Pas nous.

Un deuil très récent ensuite. Nous savons l’attente qu’il y a derrière ces appels, et c’est pour ça que nous pensons qu’il faut laisser passer du temps. Le secteur compte assez de gens prêts à vendre une conversation avec un défunt pour que nous ne participions pas à ça.

Une décision médicale, jamais. Aucun tirage n’a à peser sur un traitement, une opération, un diagnostic ou un arrêt de médicament. C’est votre médecin qui parle, et personne d’autre.

Une situation de danger, non plus. Violences, menaces, emprise : ce sont des sujets pour la police, pour un avocat, pour une association spécialisée. Une voyance ne vous protège de rien.

Reprendre la main sans tout arrêter

Si vous vous êtes reconnue dans ce qui précède, il y a des gestes simples qui suffisent souvent à casser la boucle, et ils ne demandent pas de tout arrêter du jour au lendemain.

Espacer, d’abord, et le décider à froid plutôt qu’au moment où l’envie d’appeler monte. Fixer avant l’appel les deux choses qui comptent : la question précise que vous posez, et le budget que vous y mettez. Quand ces deux points sont arrêtés à l’avance, la consultation redevient un outil et cesse d’être un réflexe.

Écrire ce que vous attendez avant de composer le numéro aide énormément, parce que ça vous oblige à formuler. Il arrive assez souvent que la question se dissolve pendant l’écriture, et que l’appel ne se fasse pas. C’est le meilleur résultat possible. La méthode complète, nous l’avons détaillée dans comment préparer sa consultation.

Et relisez vos notes de la fois précédente avant de reconsulter. Si vous constatez que vous vous apprêtez à reposer exactement la même question, vous avez votre réponse sans avoir à payer pour l’obtenir.

À quelle fréquence, alors

Une consultation utile porte sur une période de vie, pas sur une semaine. C’est tout le raisonnement, et il découle du bon sens : pour qu’une lecture apporte quelque chose de neuf, il faut que quelque chose de neuf se soit produit. Entre deux mardis, en général, il ne s’est rien produit du tout.

L’ordre de grandeur que nous défendons, c’est deux à quatre fois par an. Aux moments qui font charnière : un changement professionnel, une séparation, une décision qu’on porte depuis des mois. Quelqu’un qui traverse une vraie bascule peut consulter plus souvent pendant quelques semaines, nous n’allons pas fixer une règle qui ignore les tempêtes. Mais si le rythme élevé dure au-delà de deux ou trois mois, ce n’est plus la tempête, c’est l’habitude.

Les questions sentimentales sont celles qui échappent le plus vite à cette logique, parce qu’elles se reposent d’elles-mêmes tous les trois jours. C’est pour ça que la façon de les poser compte davantage que la fréquence à laquelle on les pose, et nous y avons consacré un article entier sur les vraies questions à poser en voyance sentimentale.

Un dernier point, et il vaut pour n’importe quel cabinet, y compris le nôtre. Si vous vous rendez compte qu’une voix au téléphone est devenue votre principal appui, le problème n’est pas la voyance, c’est la solitude. Aucun praticien sérieux n’acceptera de tenir ce rôle-là. Ici, nous vous dirons d’appeler quelqu’un d’autre.

Questions fréquentes

À quelle fréquence peut-on consulter un voyant ?

Deux à quatre consultations par an suffisent à la plupart des gens. Une lecture utile porte sur une période de vie, pas sur une semaine : entre deux appels rapprochés, la situation n’a généralement pas eu le temps de bouger, et le praticien voit la même chose. Une période de bascule réelle (séparation, changement professionnel, décision lourde) peut justifier un rythme plus soutenu pendant quelques semaines, mais si cette fréquence élevée s’installe au-delà de deux ou trois mois, c’est devenu une habitude plutôt qu’un besoin.

Comment savoir si je consulte trop ?

Trois signes valent mieux qu’un chiffre. Vous consultez plusieurs praticiens différents sur la même question en peu de temps, en cherchant celui qui donnera la réponse qui vous convient. Vous dépensez plus que ce que vous aviez prévu et vous ne le remarquez qu’en fin de mois. Vous n’en parlez pas à votre entourage, ou vous minimisez le nombre d’appels. Si vous ressentez de l’angoisse à l’idée de ne pas pouvoir joindre quelqu’un, le rapport à la consultation a changé de nature et il vaut mieux marquer une pause.

Est-ce que la voyance peut être une addiction ?

Ce n’est pas une addiction reconnue au sens médical, et aucun praticien n’est habilité à poser ce genre de diagnostic. Le mécanisme, lui, existe : une consultation apaise l’incertitude sur le moment, l’incertitude revient parce que la situation n’a pas changé, on reconsulte, et le soulagement dure de moins en moins longtemps. La facturation à la minute, les rappels commerciaux et les consultations laissées volontairement inachevées entretiennent cette boucle. Si le besoin de consulter vous paraît devenu incontrôlable, c’est à un professionnel de santé qu’il faut en parler, pas à un voyant.

Un voyant honnête peut-il refuser une consultation ?

Oui, et c’est même un bon critère pour le reconnaître. Un praticien honnête dit qu’il ne voit rien de nouveau depuis la dernière fois quand c’est le cas, conseille d’attendre que la situation ait évolué, et laisse le consultant décider seul du moment où il rappellera. À l’inverse, un praticien qui fixe lui-même la prochaine échéance, qui vous relance par message ou qui interrompt la lecture sur une révélation à venir travaille pour son chiffre d’affaires, pas pour vous.

Dans quels cas ne faut-il pas consulter du tout ?

En cas de détresse psychologique aiguë, de deuil très récent, de décision médicale à prendre ou de situation de danger. La voyance ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un avocat, et aucune consultation ne doit peser sur un traitement, un diagnostic ou une mise en sécurité. Dans ces situations, c’est vers un professionnel de santé, un avocat ou une association spécialisée qu’il faut se tourner en premier.

Comment reprendre la main si je consulte trop souvent ?

Décidez à froid d’espacer, et fixez avant chaque appel la question exacte que vous posez et le budget que vous y consacrez. Écrivez ce que vous attendez de la consultation avant de composer le numéro : il arrive que la question se dissolve pendant l’écriture, et que l’appel devienne inutile. Relisez enfin vos notes de la fois précédente : si vous vous apprêtez à reposer la même question, vous connaissez déjà la réponse.

By L'équipe Angella Pascazio Voyance

Les contenus du blog sont rédigés par l'équipe du cabinet Angella Pascazio Voyance, à Nice, à partir des questions que nous recevons le plus souvent en consultation. Le cabinet réunit une douzaine de praticiennes qui consultent par téléphone, par chat et par mail. Prix annoncés avant l'appel, aucun rituel vendu, aucune prestation ajoutée en cours de consultation.